DONNER DU MIEL A SON BEBE EST-IL DANGEREUX ?
Les principes de précaution poussés à l’extrême amènent les autorités à vouloir imposer une mise en garde pour la consommation du miel aux enfants de moins d’un an. Le botulisme est bien la source de toutes ces préoccupations. Vous ne savez pas de quoi il s’agit ? C’est normal. Pourtant, le miel peut être contaminé par les spores de la bactérie appelée CLOSTRIDIUM BOTULINIUM. Ce ne sont pas les spores ni la bactérie qui se développe qui sont dangereuses, mais les toxines sécrétées par la bactérie. Les spores se retrouvent couramment dans les sols et les sédiments marins entre autres. Ils peuvent donc se trouver sur les légumes, œufs, crustacés etc. Ils sont résistants à la chaleur, même durant plus de 10 minutes d’ébullition, et vont germer dans des conditions d’anaérobie. Ce sera le cas dans des préparations alimentaires qui auraient été contaminées avant d’être mises sous vide. Weck®, conserves et autres charcuteries artisanales en sont des exemples. Les spores peuvent également se retrouver dans le miel. Nous verrons comment plus loin. La bactérie se développe en l’absence d’oxygène et produira les toxines sauf si le milieu est acide ou très salé. Nous ne retrouvons donc pas de bactéries dans le miel. La toxine peut être détruite par une cuisson à plus de 85 degrés durant 6 min, ou par ébullition plus de 5 min. Le botulisme apparaîtra dès l’ingestion d’une quantité infime de toxine. Le botulisme du nourrisson est particulier. Dans le botulisme infantile, le miel qui en général a été donner à sucer sur une tétine, ne serait responsable que dans +/- 20% des cas selon les chiffres d’Amérique du nord.
Les miels analysés permettent de comparer leur qualité en fonction de leur provenance. Le miel serait contaminé de deux manières : 1. Exceptionnellement les abeilles ramènent des spores à la ruche.
En conclusion, s’il est utile de connaître le botulisme lié au miel chez les bébés, le caractère extrêmement limité de cette maladie chez les bébés européens doit faire relativiser le message de prudence adressés aux citoyens. De plus, cette information pourrait être limitée à des lieux concernés comme les consultations ONE et de pédiatrie via des affiches ou des folders mis à disposition. L’étiquetage reprenant un message d’avertissement sur les pots de miel ne ferait que dévaloriser l’image de ce produit tout à fait naturel.
Marc-André Raedemaeker
Références électroniques http://www.phac-aspc.gc.ca/ep-mu/botulism_f.html Agence de la santé publique du Canada http://www.beekeeping.com/abeille-de-france/articles/botulisme_miel.htm http://www.beekeeping.com/articles/fr/botulisme.htm Le miel et le botulisme infantile
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