Compte-rendu des réunions : bilan de la saison 2008 Moins de miel pour tout le monde, sauf un pour irréductible butinant les fleurs royales…
Dire qu’en Belgique les saisons apicoles se suivent et ne se ressemblent pas du tout, est d’une grande banalité. A se demander si une saison « normale » existe ailleurs que dans les traités d’apiculture. Et pourtant, chaque année, les apiculteurs essayent de retrouver une certaine normalité dans le développement de leurs colonies et passent beaucoup de temps à débattre de tous les écarts par rapport à cette saison idéale. Alors, que s’est-il passé de particulier cette année-ci ? Dès la mi-mai, on pouvait entendre des propos alarmistes sur l’état des colonies d’abeilles dans l’ensemble du pays : ruchers dévastés, croissance ralentie, production de miel inexistante, comportements bizarres…La région bruxelloise qui fut heureusement épargnée par les dépérissements et les surmortalités (comme on dit poliment aujourd’hui) de ces 10 dernières années, l’était-elle encore ? En fait, on n’en savait trop rien car la dérive de témoignages ponctuels en théorie générale ne permettait pas de voir les tendances saisonnières. Pour faire le point, la SRABE a donc convoqué ses membres à 2 réunions : une fin juin et l’autre début octobre. Dès la fin du mois de juin, les tendances de la saison se dessinaient : quelques colonies mortes de faim à la sortie de l’hiver, développement des colonies tardif à très tardif, moins ou pas de miel printanier, petits paquets de jeunes abeilles intactes par terre à côté des ruches. La réunion d’octobre a confirmé les tendances du mois de juin. La plus marquée, et celle qui a touché tous les apiculteurs, est une baisse conséquente de la production de miel : de 30 à 100% selon les ruchers ! Dans un grand nombre de ruchers, la récolte printanière fut inexistante. Dans d’autres, le miel fut nettement mois abondant. Il a fallu attendre l’été pour que les abeilles commencent à remplir les hausses et la majorité des apiculteurs ont fait une récolte d’été comparable aux autres années. Certains sont restés sans miel pendant toute la saison. Une belle exception (du moins parmi les apiculteurs présents) : 2 ruches situées le long des jardins royaux ont produit 150 kg, dont 35 kg au printemps, mieux que les autres années ! D’ailleurs, chez cet apiculteur, tout a été mieux que les autres années, ce qui a suscité des grincements de dents amicaux et des boutades tout au long de la réunion. Un second constat à Bruxelles : les apiculteurs de garde chez les pompiers ont été appelés beaucoup moins souvent que les autres années. Les essaims étaient rares, les colonies ont préféré se remérer. Cette tendance a été confirmée sur tout le territoire de la région bruxelloise, version étendue. Un troisième constat est le bon développement des colonies en été et en fin de saison : elles ont continué à croître dans la majorité des ruchers jusqu’en septembre. Dans tous les ruchers, elles ont rentré de grandes quantités de pollen jusqu’en octobre. Il a donc fallu nourrir davantage, en espérant que les abeilles ne consomment pas l’entièreté des provisions d’ici la fin de l’année. Dans la rubrique des comportements particuliers de cette saison 2008 se trouve une difficulté à élever des jeunes reines. Malgré une procédure inchangée par rapport aux années précédentes, les éleveurs de reines ont du se contenter de moins de reines que prévu. Bien que l’objectif des 2 réunions ne fût pas de trouver les causes de tous les comportements particuliers observés cette année, l’unanimité s’est faite sur les perturbations apportées par le climat : période de réchauffement et de beau temps vers la mi-février et donc démarrage du développement des colonies. Ensuite, retour abrupt à un hiver qui n’a vraiment laissé la place au printemps qu’à la fin du mois d’avril. Et encore, faut pas avoir trop voyagé vers le Sud… Une question pour la fin. Tous les comportements plus particuliers tels les paquets de jeunes abeilles sur le sol, le refus de monter dans les hausses, le remérage plus fréquent ou la difficulté d’élever de jeunes reines sont-ils les conséquences directes ou indirectes de ces perturbations climatiques ? Myriam Lefebvre
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