Baignade interdite Durant l’hiver 2007-2008, j’avais trouvé un endroit pour mes ruches. Un couple d’amis avait accepté que je les place au fond de leur jardin. J’étais très content de cette solution. Au début du printemps, je déménageais mes colonies chez Christophe et Sylvie. La saison commençait bien, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes… Sylvie et Christophe me préviennent immédiatement. Je vais voir sur place, et je constate que mes abeilles viennent chercher de l’eau dans la piscine. De plus comme elles n’ont pas d’endroit pour se poser, elles tournoient longuement autour de la piscine pour finalement se poser comme elles peuvent à fleur d’eau sur les parois. Beaucoup se noient comme en attestent les nombreuses abeilles mortes dans le bassin… Le voisin est courtois, mais il demande de trouver une solution rapidement. Je suis très ennuyé. Les relations de bon voisinage de Christophe et Sylvie sont mal en point à cause de mes abeilles. Tout cela car je n’ai pas mis en place de point d’eau. En discutant avec plusieurs apiculteurs de mon problème, une solution s’ébauche : placer un abreuvoir dans l’axe de vol des butineuses d’eau entre les ruches et la piscine en ayant soin de le « parfumer » avec une bonne dose d’eau de javel. La distance entre les ruches et l’abreuvoir, doit permettre aux abeilles de prendre leur envol et voler un peu. Si l’abreuvoir est sous les planches de vol, les abeilles risquent de ne pas y aller. Essayer ne coûte rien, et puis cela montre ma bonne volonté à trouver une solution à la situation. Cela me donne aussi un peu de répit pour trouver une autre solution, si celle-ci ne fonctionne pas. Ce dispositif va-t-il fonctionner ? Le lendemain, j’appelle Christophe. Il m’indique que plus une seule abeille ne va à la piscine. Le nouvel abreuvoir est investi par mes abeilles. Tout est rentré dans l’ordre beaucoup plus vite que je ne l’avais pensé. Pourquoi ? C’est dans le cours de maître Claude que se trouve la réponse. Les abeilles ne font pas de danse d’orientation pour un butin situé à moins de 100 mètres de la ruche. Elles communiquent seulement l’odeur de la nourriture et le fait qu’elle se trouve dans un rayon de 100 mètres. L’odorat développé des nouvelles butineuses leur permet de trouver par elles-mêmes la source de butin sans avoir besoin de s’orienter. Or la piscine du voisin est à moins de 100 mètres des ruches, l’odeur d’eau de javel du nouvel abreuvoir a fait le reste. De cette péripétie, je tire plusieurs conclusions : Cette année, par précaution au début de mars, j’ai versé du « parfum » dans l’abreuvoir. J’ai pu observer les abeilles qui viennent y chercher de l’eau. Il n’y aura ni baignade, ni noyade collective en 2009 ! PE .
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