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Comment constituer à Bruxelles un « cheptel » de reines
dont la génétique est maîtrisée?
Tel est l’objectif que nous nous sommes fixés en participant à l’opération « Insem 09 »
mise en place par Jean-Marie Van Dijck
et que nous allons développer à la Station d’élevage à Uccle au Domaine de Latour de Freins
Constituer un « cheptel » de reines dont la génétique (1) est maîtrisée. Nous souhaitons obtenir des abeilles bien adaptées au contexte urbain, c'est-à-dire :
- Douces
- Peu essaimeuses
- Présentant une bonne résistance aux maladies et aux parasites.
Actuellement, plus aucun éleveur ne se prive de la technique de l’insémination artificielle (2) : en effet, c’est la seule méthode qui permette de maîtriser la lignée mâle et le transfert de ses caractéristiques génétiques intéressantes, entre autres la non agressivité et sans doute une partie des caractéristiques HYG (3) et VHS (4) (5).
Cette année, nous avons décidé de travailler avec les deux principales races d’abeilles qui sont présentes dans la région de Bruxelles Capitale, à savoir la Buckfast et la Noire.
La Buckfast (6) (7)
| Elle a les faveurs de nombreux apiculteurs pour sa douceur et sa productivité. C’est une abeille hybridée par croisement de nombreuses races européennes et du nord de l’Afrique, dont les caractéristiques sont tellement bien fixées que l’on peut la considérer comme une race. Ce travail gigantesque de sélection a été réalisé au vingtième siècle par un moine de l’Abbaye de Buckfast en Angleterre: le Frère Adam (8). |
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La Noire (9)
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C’est l’abeille « autochtone » et son choix se justifie dans une démarche de préservation des races locales et de la biodiversité (10). Sa réputation d’agressivité semble surfaite. Elle est sans doute moins productive, mais nécessite moins de nourrissement avant l’hiver et est très bien adaptée à notre climat. Il se pourrait aussi qu’elle ne butine pas les mêmes fleurs que sa cousine Buck…..
Afin d’avoir une démarche tout à fait cohérente, nous avons choisi de travailler avec « la Noire de Virelles » et de ne pas la croiser avec des Noires d’autres régions d’Europe. |
Insem 09.
Cette opération est menée depuis plusieurs années par un groupement d’apiculteurs wallons compétents et (très) dévoués, les Goulettes. Ils engagent durant une semaine un technicien allemand et son épouse qui sont spécialisés en insémination artificielle des reines d’abeilles. En une semaine, ce duo insémine plusieurs centaines de reines avec un taux de réussite très satisfaisant.
L’opération est soumise à un timing très précis : les reines doivent être âgées de 6 à 10 jours le jour de l’insémination. Un calendrier d’élevage (11) est donc établi à partir de la date prévue de l’insémination. D’autre part, il faut que ces reines ne puissent pas se faire féconder naturellement avant l’insem.
Le matériel d’élevage (mini+) est donc adapté à cette exigence : les ruchettes d’élevage sont pourvues d’une grille à reine. En aval aussi, il faut constituer ces ruchettes destinées à accueillir les jeunes reines.
Les ruchettes et leurs reines sont installées sur le site de l’insem, idéalement quelques jours avant celle-ci pour diminuer le stress des colonies.
Le jour « J », les jeunes reines (marquées d’un écusson numéroté pour éviter toute confusion) sont anesthésiées une première fois (au CO²) et remises dans leur colonie.
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L’insémination se fait sous une deuxième narcose, puis les reines sont replacées dans leurs petites ruches. Cette étape est délicate : les jeunes reines se font parfois emballer à ce moment et survivent alors difficilement, malgré l’intervention de l’apiculteur.
Il est recommandé de laisser les ruchettes encore quelques jours sur le site. Ensuite, on peut les ramener au rucher d’élevage.
Environ 10 jours plus tard, il est temps de vérifier la ponte de la jeune reine ….. et de constater le taux de réussite de l’opération.
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Ensuite, on accompagne le développement de la colonie en ajoutant en temps opportun un corps (puis un deuxième) à la Mini +.
Il reste alors à effectuer la délicate opération d’introduction de la jeune reine dans une « grosse » colonie en Dadant 7, 10 ou 12 cadres dans notre cas.
Nous avons choisi la technique du « switch » qui consiste à encager la reine à remplacer et sa remplaçante et à permuter les cagettes. Ces reines devront ensuite être observées pendant 1 ou 2 saisons et les meilleures seront désignées comme « lignées » sur lesquelles nous pourront commencer à élever des « filles » de valeur. |
Résultats.
Nous avons élevé
6 cellules royales (12) (CR) de T29 RL, Athos Macedonian
10 CR de B96 PM, Buckfast
6 CR de B209 PJ, Buckfast
3 CR de N0793 HG, de Noires de Virelles
4 CR de N0790 HG de Noires de Virelles
3 CR de N0826 PG de Noires de Virelles
3 CR de N0825 PG de noires de Virelles
Celles qui n’ont pas été inséminées ont été fécondées naturellement chez un éleveur de Rixensart (Robert Michiels).
Conclusions :
Pour une première expérience, nous pouvons être relativement satisfaits : les pertes aux différentes étapes sont dans la norme, voire sous la norme.
Personnellement, je crains que les reines élevées cette année et qui ont été placées au stade cellule royale operculée en étuve n’aient pas bénéficié d’une température assez élevée (32 °C au lieu de 34, 2 °C).
Selon la littérature récente (13), cette température trop basse pourrait influencer négativement la durée de vie de nos reines.
Bibliographie
1. http://home.euphonynet.be/abeille/gen/gen1.html
2. http://home.euphonynet.be/abeille/elv/processus_insemination.html
3. http://home.euphonynet.be/abeille/elv/nettoyage.html
4. http://home.euphonynet.be/abeille/elv/smr.html
5. http://www.cari.be/medias/abcie_articles/115_genetique_smr.pdf
6. http://fr.wikipedia.org/wiki/Buckfast
7. http://www.pedigreeapis.org/elver/origin/origin-fr.html
8. http://www.cari.be/medias/abcie_articles/116_adam2pdf.pdf
9. http://www.mellifica.be/fr/abeille-noire/genetique/
10. http://fr.wikipedia.org/wiki/Biodiversit%C3%A9
11. http://home.euphonynet.be/abeille/prog/pr_elevage.xls
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13. Medrzycki Piotr et Col, Italie. Communication 115 à Apimondia 2009.
26 septembre 2009
B. Delforge.
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