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Aménager son environnement pour l’abeille

C’est Marc Eylenbosch que nous avons eu la grande chance d’entendre en ce dimanche 21 février. Une quarantaine de membres de la  SRABE étaient présents, et ne l’ont pas regretté. Marc, que la plupart d’entre nous connaissent, est un orateur passionné et donc passionnant. Il nous a parlé de différents moyens d’aménager l’environnement de nos ruchers. Un jardin avec des plantes mellifères ne va pas remplir les ruches de miel, mais représente certainement un plus pour l’abeille. Il peut apporter différentes variétés de pollen, et est donc positif, même à une petite échelle.
Un autre avantage est qu’il offre la possibilité d’observer les abeilles.
Marc a un rucher couvert à Corroy le Grand. Autour il y a des betteraves, maïs, escourgeon. Ce n’est pas l’environnement idéal. Il possède un autre rucher au bois de Lauzelle. L’environnement y est beaucoup plus favorable : des bosquets et peu de champs.
Il y a différents aménagements possibles :

La pelouse fleurie. Ne pas tondre une partie de la pelouse, laisser les repousses. Quelques plantes mellifères viennent et donnent du relief dans la pelouse. Cela permet d’observer et photographier les abeilles qui viennent butiner.
 Tondre vers fin mai. La partie tondue est jaune au début, mais reverdit vite.
Plantes observées : cardamine des prés, (bon pollen, peut se manger en salade), trèfle des champs (petites fleurs jaunes, rampante), renoncules. Autres possibilités : bugle rampant (mauve, tige carrée, bien visité), crocus (pollen précoce), narcisses, pissenlit (bien visité)

Prairie fleurie (qu’on laisse pousser jusque juin ou juillet). Avant on parlait de prés de fauche, qu’on laissait pousser jusque fin juin pour nourrir les animaux en hiver. C’étaient les terres plus éloignées, plus pauvres. Une végétation semi naturelle se développe sur ces espaces semi-naturels (semi parce que fauchés chaque année, et non laissés à la nature, qui deviendrait forêt). Il est possible de le faire sur une petite surface.
Plantes messicoles (coquelicots, bleuets,…) sont des plantes qui se sont adaptées à la culture du blé, culture annuelle sur sol travaillé, labouré chaque année. Ces plantes annuelles, fleurs des moissons adaptées au cycle des céréales  ont besoin du travail du sol. Nécessite de labourer chaque année.
Les bandes messicoles sont encouragées en bord de champs. Mais cela devient presque une monoculture, et pose donc un problème de variété. Coquelicot (peut rester à l’état dormant pendant des années), Nielle des blés (presque disparu en Belgique), Bleuet (bien visité par les abeilles), Chrysanthème des moissons (presque disparu en Belgique), Peigne de vénus (disparu) et Mouron bleu (idem).
Autres annuelles « exotiques ». Mélange de plantes annuelles à semer, en vente dans le commerce. Ces plantes ne sont pas liées à notre milieu, mais cela ne pose pas de problème si on n’est pas dans une réserve naturelle. Ces plantes ne sont pas toujours intéressantes pour les abeilles. Par exemple, on y trouve des Bleuets à fleur double, moins mellifères que le simple bleuet,  des Cosmos, des Soucis, des variétés d’œillets horticoles.
. Plantes « exotiques » à semer : Bourrache, très mellifère, comestible.
Phacélie, encouragées dans les mesures de jachère il y a quelques années (fini actuellement). Très mellifère, fleuri en juin/juillet. Bon pollen, très riche pour les abeilles.
Le Tournesol, Marc a fait une transhumance sur tournesol fin juillet. Pas une goutte de miel !

Prairie fleurie : plantes vivaces, qui repartent chaque année puisqu’on ne retourne pas la terre.  Plantes adaptées à la fauche, en sol maigre (pour une plus grande variété de fleurs). En sol riche, les graminées vont pousser. Et en cas d’orage, tout se couche, et plus difficile à faucher après. En sol maigre, les plantes poussent moins haut et sont moins sensibles aux orages. La fauche est plus aisée et plus tardive pour donner  plus de temps aux plantes mellifères de pousser.

Comment aménager une prairie fleurie ?
- Il faut d’abord détruire ce qui pousse en-dessous. Par exemple en plaçant une toile de paillage tressé (plastique noir aéré, qui laisse passer l’eau et qui empêche la pelouse de pousser) ou cartons ou restes de tapis plain. But : couvrir le sol pour empêcher les plantes de recevoir la lumière.  Méthode écologique. Ce couvert doit rester plusieurs mois, il faut donc le placer avant l’hiver.
Des herbicides de contact existent également.

- Des semis « prairie fleurie » existent dans le commerce. A ne pas acheter : ils contiennent  95% de graminées. Ecocem (LLN) vend un mélange plus sérieux, développé avec la participation d’apiculteurs.
Les plantes vivaces ne fleurissent pas la première année, elles s’installent. C’est une bonne idée d’y associer des plantes annuelles qui fleuriront la première année. Il y en a un peu dans les mélanges d’Ecosem. Possible aussi de faire une petite pépinière de plantes vivaces, pour les ajouter dans une prairie. Certaines vont fleurir chaque année sans se multiplier, d’autres vont se multiplier et envahir…

On peut aussi mettre des bulbes ; crocus, jonquilles précoces,...
Marc nous a ensuite donné une longue liste de plantes emblématiques de ces prairies fleuries, et leur intérêt pour les abeilles.
Il est intéressant de tondre des chemins dans prairie fleurie, cela permet de visiter, de créer des zones différentes, pour que les insectes aient du choix d’environnement.
En fin de saison : laisser 5 ou 10% de hautes herbes pour laisser aux insectes de l’espace pour terminer mutation.
En fin de floraison, l’herbe va se coucher ; il est temps de faucher. Pour ne pas engraisser le sol, ni laisser les plantes telles qu’orties et oseilles se développer, il faut absolument évacuer le foin fauché.
Un outil précieux : Rhinanthe crête de coq. Jaune pâle.
C’est une annuelle. Se trouve très bien dans prairies. Semi parasite des graminées, les empêche de monter trop haut. Très intéressante à implanter. Permet de faucher plus tard. Ne se trouve pas dans le commerce parce qu’elle perd rapidement son pouvoir germinatif. Bien visitée par les bourdons. Fleurit assez tôt (mai)

L’entretien : La deuxième année, les plantes montaient très haut. Marc a tondu avec un « moustique » à lame ou faux. Les chicorées étaient très grosses.
L’année suivante, le fermier est venu tondre avec son tracteur.
Il est important de ramasser pour que l’herbe repousse moins haut.
Il laisse une bande refuge à faucher en octobre, et des îlots de plantes qu’il veut garder, pour leur permettre de se développer.

Il refauche à ras vers octobre/novembre, pour évacuer un maximum de végétation. Il utilise actuellement un girobroyeur, qui abîme le sol (mis à nu par endroit), mais la prairie s’en porte bien.

Prairie à floraison tardive
Peuplement herbacé tel que celui de la prairie aux USA, espace naturel, mais régulièrement incendié. La prairie brûlait chaque année, mais la végétation redémarrait après.
Cette prairie à floraison tardive supporte mieux un sol riche que la prairie fleurie. Les plantes fleurissent longtemps (de juin à octobre). L’apport en pollen est très intéressant pour les abeilles. Les plantes sont plantées et non semées, cela convient mieux à une petite surface. Il faut bien préparer le sol. Pour préparer l’entretien, on peut mettre un mulch ou 5 cm de cailloux après une année, pour ne pas devoir désherber.
Plantes  poussent souvent haut (1m20 à 1m80), et gardent leur structure en hiver.

L’orateur était passionnant, l’assemblée ravie, le temps passait trop vite.
Il a été  décidé, au bonheur du plus grand nombre, de revenir en octobre pour entendre la suite de l’exposé. Retenez déjà la date de l’assemblée générale , le 17 octobre, qui sera suivie d’un exposé sur les haies mellifères et les arbres fruitiers.

Anne Van Eeckhout